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Déterminants de santé
 
 
Quelles politiques pour davantage de bébés ?
août 2008


Sous ce titre, Problèmes économiques (numéro 2948 de mai 2008) publie une synthèse de l’OCDE (Organisation de développement et de coopération économique) examinant les facteurs positifs et négatifs de la fécondité. Il rappelle qu’avec un taux moyen de natalité de 1,6 enfant par femme dans les pays de cette organisation (pays développés - 1,9 en France), les problèmes attendus sont nombreux : manque de jeunes adultes pour s’occuper des plus âgés de leur famille, augmentation des dépenses publiques destinées aux soins et aux pensions de ceux-ci, diminution de la population active, en outre moins adaptable, diminution de l’épargne nationale.

Cette baisse de la natalité est due essentiellement au recul de l’âge auquel on devient mère, et non plus à la réduction de la mortalité infantile. Pourtant, toutes les enquêtes montrent que les femmes souhaitent plus d’enfants qu’elles n’en ont. Si elles attendent, et pour nombre d’entre elles finissent par n’avoir qu’un enfant, ou aucun, c’est par difficulté de trouver un logement adapté et des solutions de garde abordables, de concilier vie familiale et vie professionnelle, par la crainte devant un marché du travail instable, par le souci d’obtenir une certaine sécurité financière avant de faire un enfant. Ainsi, du fait des coûts associés à l’éducation d’un enfant, directs mais aussi indirects (diminution des perspectives de carrière), de nombreuses femmes considèrent que "fonder une famille est un luxe".

Ça n’est donc pas le fait de travailler qui empêche d’avoir des enfants, mais le contraire : " les taux de fertilité sont plus élevés dans les pays où les taux d’emploi des femmes sont également supérieurs. " En outre, " les pays enregistrant les taux de chomage plus faibles sont ceux où les taux de natalité sont plus forts. " Les emplois à temps partiel permettent souvent de concilier vies familiale et professionnelle.

Il faut noter que des entreprises ont commencé à mettre en place des mesures favorisant cette conciliation. Mais l’essentiel est attendu des pouvoirs publics. Bien que l’impact de leurs politiques soit difficile à évaluer précisément, quelques conclusions s’imposent en sus des facteurs déjà relevés.

" Les taux de fécondité sont élevés dans les pays où les transferts monétaires aux familles et les indemnités versées pendant un congé parental sont importants. (...) La natalité est faible (...) là où l’écart de salaire entre hommes et femmes (est) large et la durée du congé parental longue. En effet, plus le congé parental est long, plus celui ou celle qui en bénéficie aura de difficultés à réintégrer par la suite le marché du travail, (...) en particulier (...) les femmes ayant un niveau d’instruction élevé et occupant des emplois bien rémunérés." Enfin, on " retrouve les taux de natalité les plus élevés (...) là où le plus grand nombre d’enfants sont reçus dans des structures d’accueil institutionnalisées. "

Problèmes économiques

Voir aussi l’entretien avec Bruno Palier sur Carnets de santé




     
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  travail famille éducation égalité hommes-femmes maternité
     
     
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1 Message

  • la cause des bébés, dans les échos aussi !

    7 septembre 2008 23:01, par titinesf

    Oui, les jeunes femmes mettent actuellement deux enfants au monde dans notre beau pays ! La branche famille dégage enfin des bénéfices et cela se dit à bas bruits !!

    Mais à quel prix ? Les femmes se voient encore flouées au travail. Elles subissent quotidiennement des pressions professionnelles qui reconnues par notre ministre Roselyne Bachelot, lui ont fait prendre des mesures de protections avec les plus grandes entreprises françaises.

    Mais dans les petites entreprises se sont des temps partiels, des contrats de courte durée qui ne seront pas renouvelés du fait de la grossesse. Les organisations nouvelles ( téléphonie, travail le week-end), les réductions de personnels dans le service publique (infirmières et aides soignantes de nuit, et T2A optimisée au maximum qui menace les emplois ) et les stress rendent les grossesses plus difficiles : hypertension, menace d’accouchement prématuré, retard de croissance participent à remplir les services de néonatologie ; il est vrai que le tabagisme fait aussi des dégâts.

    Alors plaider la cause des bébés, ce n’est pas seulement les protéger quand ils seront nés, c’est les aider à vivre heureux au sein du giron de la maman, en protégeant vraiment les grossesses. Ce serait améliorer les conditions de respect des femmes salariées. Ce serait les informer qu’une sage femme peut suivre leur grossesse, les conseillers et les maintenir dans la physiologie par des conseils hygiéno-diététiques dès le premier entretien de début de grossesse proposé par le plan de périnatalité 2004-2007 .

    Ce serait leur offrir autre chose que le droit opposable d’avoir accès à un mode de garde en 2012, alors que d’ici là des milliers de travailleuses précaires s’arrêteront car la garde d’enfant est pour elle un problème économique majeur.

    Si l’accès au travail pour les femmes qui le souhaite était possible dans chaque entreprise avec des crèches et mode de gardes aidés par les PME, il y aurait sûrement une volonté d’un bon nombre de femmes de continuer le travail.

    Mais qu’en est-il des recommandations de la Haute Autorité en Santé ? Alors que l’Europe discute et se prépare à allonger de deux semaines le congés post-natal actuel, de 16 semaines, d’autres pays ont déjà compris que favoriser la proximité parents bébé est la première prévention de la bonne santé d’un bébé pendant la première année. Si le choix était vraiment possible, sans perdre l’avantage de revenus descend, un certain nombre de « mères » aimeraient allaiter plus longtemps leur bébé comme l’OMS le recommande, se protégeant ainsi du risque du cancer du sein, et donnant à leur enfant le bénéfice d’être protégé des maladies « coûteuses pour la sécurité sociale ». Des pères pourraient choisir de s’arrêter et de relayer leur compagne et préparer un projet professionnel nouveau.

    Assurément le développement cognitif du bébé passe par des relations diverses avec l’environnement, mais le choix n’existe pas. Il se fait pour les classes moyennes au prix de privation, et l’acceptation, dans l’intérêt de l’enfant, d’une baisse du pouvoir d’achat. Mais les ouvrières, les travailleuses précaires, temps partiels n’ont pas le choix. Leur salaire si faibles les poussent vers le replis dans la famille, perdant souvent leur place dans le secteur qu’elle délaisse pour élever leur enfant. Comment trouver un compromis entre une première année de lien et de protection bénéfique à l’enfant, et une réintégration du parcours professionnel respectueuse de cet acte citoyen qu’est « produire un petit être » qui à son tour viendra prendre une place dans une société qui se doit de rester humanisante ?

    Une fois de plus les femmes payent un lourd tribus, face à une société qui se refuse à accomplir les choix nécessaire à un vrai changement de la politique familiale.

    Voir en ligne : http://commentaires.lesechos.fr//co...

 
     
   
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