Accueil  > Entretiens > Berland Yvon
 
Entretiens
 
Délégation de tâches, nouveaux métiers : l’enjeu crucial de la formation
 
Berland Yvon
mai 2007, par serge cannasse 

La délégation et le transfert de tâches sont apparues comme des solutions envisageables aux problèmes de démographie des professions de santé. Leur mise en oeuvre concerne l’ensemble de la chaîne de soins. Elle nécessite toujours une formation complémentaire des professionnels concernés, et de l’expérience. Elle peut également passer par la définition de nouveaux métiers.

Yvon Berland est Président de l’Université de la Méditerranée et Président de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé.

Pouvons nous commencer par préciser ce qu’est le « transfert de compétences » ?

Il faut partir de trois mots-clefs : coopération (des professionnels de santé), délégation, transfert. Dans la délégation, les médecins transfèrent à d’autres professionnels de santé un certain nombre d’actes techniques et/ou intellectuels, mais ils en gardent la maîtrise, en particulier en termes de responsabilité juridique. Dans le transfert proprement dit, ils ne conservent pas l’entière maîtrise de ces actes dont, en conséquence, la responsabilité juridique est elle aussi transférée.

Alors que le transfert existe depuis longtemps dans certains pays, pourquoi est-il devenu récemment en France une préoccupation ?

La réflexion est partie du rapport sur la démographie des professions de santé que j’ai remis en 2002. Il soulignait que la ressource médicale devenant rare, il est nécessaire de l’utiliser à sa juste valeur : certaines activités des médecins ne justifient pas leurs 10 à 12 années de formation. De plus, les perspectives d’évolution de carrière des autres professionnels de santé sont en grande partie bouchées. C’est ce que j’ai souligné dans le rapport que j’ai remis en 2003 sur les transferts de compétences. Par exemple, les infirmières deviennent de plus en plus compétentes avec le temps, tant des points de vue théorique que pratique. Mais, à quelques exceptions près, le seul vrai projet de carrière qui leur est offert, c’est de devenir cadre administratif, c’est-à-dire de changer de métier. Enfin, il n’existe aucune profession dont la durée de formation soit intermédiaire entre celle des médecins et celle des autres professions de santé. L’idée est donc de créer des métiers intermédiaires entre celui de médecins et les autres, grâce à une formation adaptée. Ainsi, les médecins feraient ce pourquoi ils sont formés et les autres professionnels auraient des perspectives d’évolution de carrière.

Le rapport de 2002 montre qu’avant même de songer à la délégation ou au transfert, la mise à plat de l’organisation des soins dans un cabinet, un service hospitalier, etc, et une éventuelle réorganisation des activités permettent d’améliorer un certain nombre de pratiques.

Oui, mais les premières expérimentations que nous avons lancées ont aussi montré que cette réorganisation peut poser des problèmes de légalité. Les actes confiés à des infirmières (délégués) peuvent être à la limite de l’exercice illégal de la médecine parce qu’ils sont à la frontière de ce qu’autorisent les décrets régissant l’activité des différentes professions de santé.

C’est pour cela que vous proposez de modifier la définition des professions de santé.

Tout-à-fait. La plupart des métiers de la santé sont définis par des décrets énumérant les actes autorisés pour ces métiers, en grande partie déterminés de fait par rapport au métier de médecin. Ce type de définition peut aboutir à des non-sens. Par exemple, les infirmières savent bien mieux que la plupart des médecins quel est le matériel à employer pour faire un pansement ; il faut pourtant la prescription d’un médecin pour qu’elles puissent le faire. De plus, techniquement, les choses évoluent tellement vite que les décrets ont du mal à suivre. Certains des produits que les sages-femmes sont autorisées à prescrire ne sont plus sur le marché depuis au moins 10 ans ! En pratique, les professionnels peuvent se retrouver très vite hors du cadre légal. Tout métier de santé devrait être défini d’abord par les compétences qu’il recquiert.

Pour revenir à l’organisation des soins, les expérimentations montrent aussi que le transfert de compétences peut imposer l’unité de lieu d’exercice entre médecins et les professionnels sur lesquels se fait le transfert.

L’unité de lieu d’exercice est un pré-requis, ce que montrent bien les expérimentations avec des ophtalmologistes et des orthoptistes. Ce lieu peut être virtuel, grâce à la télémédecine. Par exemple, un manipulateur radio travaillant dans un hôpital général envoie des images à un radiologue exerçant dans un CHU pour interprétation. C’est particulièrement intéressant pour certaines spécialités médicales dont les professionnels sont peu nombreux, par exemple, les anatomopathologistes. Aujourd’hui, ils sont obligés de se déplacer au bloc opératoire quand le chirurgien a besoin d’une exploration extemporanée, ce qui leur fait perdre beaucoup de temps. On peut très bien imaginer de former un technicien à recueillir le prélèvement, en faire une image et la transmettre à l’anatomopathologiste, qui pourra ainsi travailler sur plusieurs endroits à la fois sans bouger de son laboratoire.

Il ne s’agit plus de transfert de compétences à un métier existant, mais à un nouveau métier.

On peut faire évoluer certains métiers, comme celui d’infirmière, dans le sens d’une spécialisation ou d’une acquisition de compétences. Mais il est également nécessaire de créer de nouveaux métiers. A Marseille, nous avons créé le métier de conseiller en génétique, parce qu’il correspond à un besoin de plus en plus important des familles, que ce besoin prend du temps et ne nécessite pas obligatoirement de faire appel à un médecin. Ces nouveaux métiers peuvent aussi avoir leur origine dans des métiers existants. Ainsi, les manipulateurs en radiologie forment le vivier dans lequel il faut puiser pour former des dosimétristes. Nouveaux métiers ou évolution de métiers existants, l’essentiel est que les compétences nouvelles soient légitimées par un niveau de formation suffisant, défini par les professionnels. Le métier de conseiller en génétique a été créé après que les médecins généticiens aient défini le profil professionnel dont ils avaient besoin et le niveau de formation qu’il nécessitait. De même, quand on parle de transfert de compétences aux infirmières, il ne s’agit pas des infirmières actuelles, mais des infirmières formées à ces compétences, ayant acquis le niveau suffisant pour les exercer.

Les expérimentations décrites dans vos rapports montrent cependant qu’il existe un préalable à une formation supplémentaire : l’expérience des professionnels concernés.

C’est effectivement un problème. Dans le système universitaire actuel, on pourrait très bien avoir une infirmière, à bac + 3, qui décide de pousser sa formation deux ans de plus sans passer par une expérience professionnelle. Pour le suivi des pathologies chroniques, par exemple, cela n’aurait pas grand sens. Elles nécessitent des infirmières ayant à la fois une formation théorique solide et de l’expérience.

On peut quand même penser à un système de formation initiale où l’on peut passer progressivement d’un métier comme celui d’infirmière à un métier comme celui de médecin.

On trouve une idée assez proche de celle-ci dans le rapport Thuilliez, avec une mise en place du système LMD (Licence-Master-Doctorat) dans les études médicales, permettant des entrées tardives et des sorties précoces, donc des évolutions professionnelles plus souples. Mais tant que la formation initiale des médecins sera conditionnée par le concours de première année et l’examen national de l’internat, il n’y aura pas grand chose de possible. La polarisation des étudiants autour de leurs examens, inévitable dans le système actuel, se fait au détriment de leur formation pratique : aller à l’hôpital peut être vécu comme une perte de temps !

Le transfert de compétence suppose aussi d’être reconnu non seulement réglementairement, mais aussi en termes de gratifications financières.

Les professionnels paramédicaux y tiennent effectivement beaucoup, ce qui est normal.

Vos rapports mentionnent également la possibilité de transferts de compétences de professions paramédicales à d’autres professions paramédicales.

Cela concerne en particulier les transferts d’infirmières à aides-soignantes. Si les premières peuvent acquérir des compétences nouvelles, les secondes le peuvent aussi. Certaines des activités infirmières ne justifient pas 3 ans de formation, les toilettes, par exemple, même si les infirmières expliquent que cela permet de découvrir des escarres. Quelle est la proportion exacte de toilettes découvrant des escarres ? D’une manière générale, la délégation concerne toute la chaîne des acteurs de soins, et non seulement les transferts de médecins à des professionnels paramédicaux. Il existe actuellement des expérimentations très intéressantes avec les pharmaciens des zones rurales, portant sur les soins à domicile. Il faut arriver à ce que chaque métier soit utilisé à son juste niveau de formation.

Comment avez vous choisi les premières expérimentations de transfert de compétences ?

Nous avons essayé d’avoir un panel représentatif des trois grands thèmes de la délégation : technique (par exemple, avec l’échographie), médico-technique (par exemple, sur la chimiothérapie) et médical (par exemple, le suivi des pathologies chroniques). De plus, nous avons choisi des professionnels très volontaristes, très impliqués, que nous avions connus pendant la préparation du rapport de 2002.

L’évaluation de ces expérimentations porte essentiellement sur la faisabilité du transfert.

Les cinq premières expérimentations ont bénéficié d’une évaluation interne, faite par leurs acteurs eux-mêmes. Pour toutes, elle montre que le transfert est possible, qu’il donne satisfaction à tous les professionnels concernés (dans l’expérimentation ophtalmologistes-orthoptistes, l’évaluation va jusqu’à apprécier la satisfaction des secrétaires médicales du cabinet concerné), mais aussi qu’il nécessite une formation des professionnels paramédicaux impliqués. Par exemple, pour la dialyse, les infirmières ont besoin d’une formation complémentaire portant sur les médicaments ; pour la dosimétrie, les manipulateurs radio n’ont pas des connaissances suffisantes en anatomie. Les dix expérimentations suivantes bénéficieront d’une évaluation externe, par la HAS, qui devrait aboutir à la formulation des principes à retenir pour construire les recommandations portant sur la coopération des professionnels de santé et les transferts de compétence. C’est ce que nous a demandé le Ministre de la santé.

Pourquoi ne pas faire aussi d’évaluation de résultats ?

Il y a un début d’évaluation de résultats, mais celle-ci est difficile, d’une part, parce qu’elle coûte cher, d’autre part et surtout, parce que pour pouvoir évaluer, il faut pouvoir comparer. Or nous ne disposons que de très peu d’éléments sur les situations avant expérimentation et quasiment pas de « gold-standards » des pratiques que le transfert permettrait ou non d’améliorer. On peut à la rigueur apprécier en termes d’équivalence ou d’amélioration, mais on ne peut pas dire si la situation nouvelle est optimale ou pas. Nous avons besoin de construire des référentiels sur les pratiques professionnelles, grâce à l’EPP notamment. Dans ces référentiels, il faut inclure la satisfaction des patients. Cela a débuté, par exemple, avec l’expérimentation en cours sur la dialyse. On s’aperçoit que les patients sont plutôt satisfaits parce qu’ils ont affaire à des gens qui prennent plus de temps pour eux que les médecins, des gens qui les écoutent et leur expliquent les soins.

Ce genre de résultat peut montrer que les médecins évoluent vers un métier de supertechnicien au détriment de leur capacité d’écoute.

Certainement, mais c’est l’acte technique qui est valorisé aujourd’hui, pas l’acte intellectuel, qui n’est ni reconnu, ni valorisé, ni payé à son juste niveau. Les jeunes médecins ne s’orientent guère vers des métiers comme généraliste, pédiatre ou spécialiste de médecine interne. Ils ne reçoivent que très peu de formation en sciences humaines.

Ce qui est également frappant dans les expérimentations, c’est la nécessité pour les médecins d’être de bons « directeurs des ressources humaines ».

Oui, alors que, d’une manière générale, ils ne reçoivent aucune formation sur la conduite d’une entreprise, ce que la plupart devront pourtant faire.

Pour revenir au transfert de compétences, quelle est aujourd’hui la priorité ?

Aller vite, sinon nous courons le risque de voir émerger en grand nombre des pratiques sauvages, dommageables pour les patients, mais imposées par la diminution du nombre des médecins. Mais là, il s’agit de décisions politiques.

Le rapport sur la démographie médicale 2006

La délégation de tâches est une des 17 propositions du rapport sur la démographie médicale hospitalière remis en novembre 2006 par le Professeur Yvon Berland au Ministre de la santé : « Favoriser la collaboration des professionnels de santé notamment à partir de la délégation de tâches en identifiant les nouveaux métiers à faire émerger dans les établissements de santé. » Elle est argumentée ainsi : « Considérer que les restructurations des services et des établissements ou une meilleure collaboration du secteur public et du secteur privé notamment, permettront à elles seules de combler le fossé qui ne va pas manquer de se creuser entre une offre médicale qui diminuera et des besoins qui ne cesseront d’augmenter, est un leurre. » Ce rapport contient également une proposition dont il est question dans l’entretien : la revalorisation de l’acte intellectuel « aux dépens de l’acte médico-technique », couplée à la préconisation de « permettre, dans les établissements de santé, aux médecins salariés de pouvoir opter pour une rémunération à l’activité voire à l’acte. » Elle prend notamment appui sur un constat émanant du rapport conjoint IGAS/IGF de 1997 : « Dès l’instant où la politique démographique se fixe pour objectif d’infléchir la répartition spontanée des médecins entre les différentes spécialités, elle ne peut ignorer l’arme tarifaire. »

Les rapports de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé sont téléchargeables sur son site ; cliquer ici

Entretien paru dans le numéro 5/6 (tome 129) du 6 février 2007 du Concours Médical.




     
Mots clés liés à cet article
  médecin spécialiste infirmier(e)s aide-soignant(e) TIC parcours de soins professionnels de santé
     
     
Imprimer cet article

8 Messages de forum

  • Berland Yvon

    11 décembre 2007 18:06, par Syndicat infirmier SNPI

    Thierry Amouroux, le Président du syndicat infirmier de la CFE-CGC, a été auditionné le 22 novembre 2007 par la commission Larcher sur les missions de l’hôpital.

    Le Sénateur Larcher a été missionné par le Gouvernement pour rendre un rapport autour de cinq thèmes de travail : organiser les soins de proximité pour une meilleure pertinence des recours à l’hôpital ; améliorer le pilotage de l’hôpital ; structurer le service hospitalier de territoire ; renforcer l’attractivité pour les professionnels ; dynamiser la recherche et l’enseignement.

    Thierry Amouroux a indiqué que l’attractivité passait forcément par la reconnaissance salariale et universitaire des professionnels de santé : la carrière d’une infirmière est “tassée” sur 20 ans (classe normale) ou 24 ans (classe supérieure) : elle stagne ensuite jusqu’à la retraite au même indice. La grille est aléatoire : les échelons sont de 2, 3 ou 4 ans, avec une hausse de 16 à 34 points d’indice. Le SNPI CFE-CGC souhaite une carrière linéaire avec une montée d’échelon tous les trois ans jusqu’à la retraite, afin de permettre une réelle évolution de carrière. l’évolution salariale d’une infirmière est faible : le traitement net mensuel d’un infirmier de classe normale dans la fonction publique hospitalière va de 1.509 euros en début de carrière, à 2.172 euros en fin de carrière en classe normale (ou 2.394 euros en classe supérieure) primes et indemnités permanentes comprises. Selon les propres études du Ministère (rapport DREES) cinq ans après leur diplôme, tous les autres titulaires d’un diplôme bac + 2 ou 3 touchent plus que les infirmières, alors qu’ils n’en ont pas les contraintes (1 WE sur 2, travail de nuit) et pénibilités (physique et mentale). Quelle autre profession à bac + 3 ne connait qu’une évolution salariale de 700 euros entre débutant et senior ? beaucoup de soignants ont validé des diplômes universitaires (DU, masters, etc.) sans reconnaissance salariale ou fonctionnelle : le SNPI CFE-CGC demande une valorisation salariale des formations qualifiantes. les contraintes sont ridiculement rétribuées : un euro par heure de nuit entre 21h et 6h, et 0,31 euros de prime de contagion par jour ! Pour une juste rémunération des contraintes, nous souhaitons le doublement de la prime de nuit, ainsi que celle de dimanche et fériés (actuellement de 45 euros).

    Mais l’attractivité passe aussi par la reconnaissance universitaire de notre niveau bac + 3 : le SNPI CFE-CGC réaffirme sa volonté d’universitarisation des études autour d’un cursus unique et double diplômant, sanctionné à la fois par un grade universitaire de licence, et le maintien d’un diplôme d’Etat d’infirmier pour l’exercice de l’activité, le SNPI CFE-CGC refuse le lien avec tout allongement de la durée d’activité, sur le modèle des infirmières spécialisées, qui sont passées en catégorie A en 2001, sans report de la date de départ en retraite. Toutes les études montrent la pénibilité de notre profession, et l’usure professionnelle qui en découle. le SNPI CFE-CGC ne se contentera pas du travail sur le niveau licence : il faudra également mettre sur pied le niveau master pour les cadres et les infirmières spécialisées, ainsi qu’un doctorat pour la recherche en soins infirmiers.

    L’attractivité repose enfin sur la reconnaissance des compétences professionnelles des infirmières en éducation de la santé, prévention et santé publique : le SNPI CFE-CGC souhaite la valorisation du travail des infirmières cliniciennes et des infirmières de pratique avancée. Les consultations infirmières doivent être reconnues et facturées comme telles.

    Il convient également d’organiser les secondes parties de carrière, pour tenir compte à la fois de l’usure professionnelle et du problème de la transmission des savoirs issus de l’expérience : pendant longtemps, le brassage dans les services entre les nouveaux savoirs théoriques apportés par les nouvelles diplômées et les savoirs pratiques issus de l’expérience acquise par les infirmières expérimentées permettait une bonne qualité des soins, aujourd’hui, on constate déjà un déséquilibre démographique, avec beaucoup d’infirmières qui ont moins de cinq ans de diplôme, et des IDE à dix ans de la retraite, d’ici 2015, 55 % des IDE partent à la retraite avec un pic vers 2012, alors que la durée de vie professionnelle d’une IDE reste faible (12 ans), et que la charge de travail limite les échanges professionnels (diminution de la durée moyenne de séjour, hausse de la gravité des cas, les malades “plus légers” étant pris en charge en HAD ou en hôpital de jour) : le “compagnonnage” naturel ne sera donc plus assuré, ce qui va jouer sur les IDE, mais également les internes (lors de leur stage de six mois ils sont certes formés par les médecins du service, mais également “conseillés” par les IDE expérimentées présentes dans le service depuis des années)

    Le SNPI CFE-CGC propose donc que les infirmières expérimentées, lors de leur fin de carrière, soient à mi-temps en poste dans leur service, et à mi-temps assurent : le tutorat des nouvelles diplômées, des infirmières de l’équipe de suppléance, des infirmières intérimaires, l’encadrement des étudiants en soins infirmiers en stage dans le pôle, des cours en IFSI sur leur domaine d’expertise, des consultations infirmières pour assurer l’accompagnement et l’éducation thérapeutique des patients.

    Le SNPI CFE-CGC souhaite que la formation continue assure des formations d’enrichissement des pratiques cliniques infirmières. En effet, de plus en plus les formations sécuritaires ou institutionnelles (incendie, accréditation, système informatique, nouvelle gouvernance, tarification, etc.) concentrent les efforts de formation, aux dépends des besoins des professionnels.

    Le SNPI CFE-CGC estime qu’une formation d’expertise en santé mentale va devenir indispensable, entre des besoins qui augmentent (psychiatrie, vieillissement de la population) et le fait que les ISP, infirmiers de secteur psychiatrique soient en voie d’extinction. Alors que chacun peut constater la valeur ajoutée apportée par un ISP dans un service d’urgence par exemple.

    Pour améliorer le pilotage de l’hôpital, le SNPI CFE-CGC estime incontournable de revoir la place des cadres de santé. La nouvelle gouvernance a oublié ce troisième pilier de l’hôpital, alors que tout doit passer par la colonne vertébrale que constitue l’encadrement. Les cadres de santé oscillent entre colère et démotivation face à un système qui les ignorent en tant que décideurs, mais leur demande tout, en tant qu’exécutants !

    Le discours sur les cadres de santé, considérés par la technostructure comme des “petits A” ou des “A moins” (que rien ?), est inadmissible. Il convient donc de les mettre sur la grille “A type”, au regard du nombre d’agents qu’ils encadrent.

    Enfin, les soins de proximité sont à reconstruire, la France ayant tout misé sur le curatif. On voit là l’absence d’Ordre Infirmier capable de faire entendre la vision infirmière de la santé. Contrairement aux autres pays, dans lesquels la profession infirmière a pu faire valoir son point de vue, les soins de santé primaire sont en jachère en France. Il convient de réorganiser la médecine de quartier (dispensaires, maisons médicales), la médecine scolaire, et la santé au travail.

    Voir en ligne : http://www.syndicat-infirmier.com/

    • Berland Yvon 8 janvier 2008 14:43, par syndicat infirmier

      « Les jeunes infirmières s’en vont, c’est un vrai gâchis humain »

      Thierry Amouroux, président du syndicat national des professionnels infirmiers (CFE-CGC), demande une vraie reconnaissance des heures supplémentaires et des contraintes des infirmières. Le syndicat a déposé un préavis de grève le 24 janvier.

      La ministre de la Santé Roselyne Bachelot ouvre ce lundi une concertation avec les représentants des praticiens et personnels hospitaliers, qui protestent notamment contre le non-paiement de leurs heures supplémentaires. Entretien avec Thierry Amouroux, président du syndicat national des professionnels infirmiers (CFE-CGC) qui représente 8.000 infirmiers et a déposé un préavis de grève pour le 24 janvier.

      Quel est aujourd’hui le poids des heures supplémentaires sur le temps de travail d’un infirmier ? Sur une année, on estime à 14 jours le temps d’heures supplémentaires non-payées mais reconnues, c’est-à-dire effectuées à la demande de l’administration. Demande que les infirmières ne peuvent pas refuser, puisqu’il faut bien qu’il y ait quelqu’un pour s’occuper des patients. Ce à quoi il faut ajouter les heures supplémentaires non-reconnues, au moins une demi-heure en plus par jour. Sur le papier, les infirmières sont aux 35 heures. Mais comme elles travaillent en flux tendu et en sous-effectif, elles sont obligées de rester un peu plus à la fin de leur service pour ne pas alourdir encore la charge de l’équipe qui prend le relais.

      Le problème des heures supplémentaires s’aggrave-t-il d’année en année ? Oui et non. Depuis quelques années, le chiffre des postes vacants est stable. En région parisienne par exemple, où la pénurie est particulièrement forte, l’APHP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris) a besoin de 1200 postes supplémentaires. Mais en revanche la charge de travail augmente, avec le développement de l’hospitalisation à domicile qui a pour effet de laisser dans les hôpitaux uniquement les patients qui nécessitent des traitements lourds. Il faut donc faire de plus en plus de soins, alors même que le personnel est de moins en moins expérimenté : aujourd’hui les deux-tiers des infirmières ont moins de cinq ans d’activité, et l’autre tiers est à quelques années du départ à la retraite. D’ici 2015, 55% des infirmières partiront à la retraite. Quant aux nouvelles, en général elles restent quelques années à l’hôpital puis se reconvertissent ailleurs pour avoir de meilleures conditions de travail, généralement dans l’enseignement ou dans les métiers liées à la petite enfance. C’est un vrai gâchis humain.

      Qu’en est-il du problème du manque reconnaissance des contraintes ? C’est le deuxième point sur lequel nous attendons de vraies avancées. Les infirmières travaillent un week-end sur deux, mais la prime est de 45 euros seulement, alors que dans le privé, le salaire est doublé. De même pour le travail de nuit : la prime est d’un euro en plus de l’heure, c’est dérisoire. On ne demande pas l’aumône, mais la reconnaissance des conditions de travail du personnel soignant.

      La ministre de la Santé reçoit votre fédération demain mardi. Quelles sont vos revendications ? Nous demandons d’abord le paiement des heures supplémentaires pour les infirmières qui le souhaitent, avec une majoration de 25%, comme dans le privé. Il faut ensuite que le travail du week-end et de nuit soit rémunéré à sa juste valeur. C’est la seule façon de rendre ce métier plus attractif et ainsi d’endiguer la pénurie de personnel.

      Voir en ligne :

  • Berland Yvon

    3 décembre 2010 23:45, par veron
    Bonjour, Je suis infirmière et je travail depuis 7 ans avec un médecin généraliste. Nous fonctionnons sur 2 salles. J’accueille le patient recueille les données sur le dossier du patient, prise de tension, prélèvement pour les angines, suivie des nourrissons et enfants, préventions, préparation d’ordonnances, proposition de bilan biologique, dentaire et ophtalmologique,mammographie, vaccination, électrocardiogramme, pansements... Puis le médecin finit la consultation et peut plus se consacrer au domaine médical et être vraiment disponible pour le patient sans se soucier de faire la carte vitale et de répondre au téléphone. J’aimerais pouvoir entrer en contact avec des personnes qui travaillent à l’élaboration de ce nouveau métier afin de pouvoir me former mais aussi partager mon expérience. Je me suis formée petit à petit au contact du médecins mais j’aimerais aussi avoir un regard extérieur sur mon travail. En espérant recevoir une réponse.
  • Berland Yvon

    4 mai 2012 09:16, par Magalie

    Bonjour, j’ai beaucoup aimé votre site, mais j’ai un petit problème pour afficher les images, peut que c’est mon naviguateur web qui bug ? (j’utilise chrome).

    A la prochaine !

    une comparateur mutuelles est sur le site de mutuelles et mutuelle. Vous pouvez comparateur mutuelles et devis mutuelle pour assurer bonne assurance santé et trouver la bonne mutuelles familiale. comparer les mutuelles comparez gratuitement et sans engagements les coût mutuelles

    • Berland Yvon 4 mai 2012 11:27, par serge cannasse
      merci de votre appréciation. vous devez avoir un problème d’ordi : les images ne sont pas lourdes et en principe le site est optimisé pour Chrome, Firefox, Safari et Internet explorer ... Peut-être votre matériel est ancien ou la mise à jour du navigateur n’a pas été effectuée. bien à vous.
  • Berland Yvon

    19 juin 2012 11:05, par Cindy

    Vraiment cool ce site, où peut on trouver plus d’information sur ce sujet ? Merci,

    Bisous !

    Salle de fac mutuelle de la aux syndiqués permet

    Quand on veut de.

    • Berland Yvon 20 juin 2012 08:36, par serge cannasse
      merci pour votre appréciation ! cet entretien date de 2007. depuis, beaucoup de choses se sont passées ... ce qui ne veut pas dire que les coopérations entre professionnels ont beaucoup augmenté. en fait, la situation globale est difficile à cerner, les situations locales semblant très variables. une chose semble sûre : beaucoup d’initiatives locales, mais peu de remontées "nationales". tapez quelques mots clefs sur ce site, comme "coopération",dans le moteur de recherche et faites de même sur Infirmiers.com : vous devriez trouver pas mal de choses !
  • Berland Yvon

    23 juillet 2012 13:56, par Aurore

    Super intéressant votre article, par contre je ne comprend pas pourquoi vous ne faites pas d’autres articles ? Je pense qu’il y a encore plus de choses à traiter sur ce sujet. En tout les cas vous avez un très jolie site.

    Meilleure mutuelle April

    mutuelle MAAF

    mutuelles pour chercher une mutuelle famille et trouver la mutuelle professionnelle selon les attentes de chacun d’entre nous avec la meilleure mutuelle et mutuelles et la mutuelle santé
 
     
   
  Humeurs
Entretiens
Déterminants de santé
Problèmes de santé
Organisation des soins
Professionnels de santé
Economie de la santé
International
Transversales
Société
Chantiers
Images
Portail
Initiatives
Bonheurs du jour
   
   
Proposer un article
S'inscrire à la newsletter
Mots clés
Emploi
Liens
Contact
 
 
 
 
Wikio - Top des blogs - Santé et bien être