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La finalité du « nouveau » concours d’ entrée en médecine est-elle de former des médecins ?
décembre 2008, par Pariente Alex 

Alexandre Pariente est Praticien Hospitalier, Gastroentérologue, Vice-Président de l’ Association Nationale des Gastroentérologues des Hôpitaux Généraux. Il plaide ici pour une sélection à l’entrée des études médicales fondée non pas seulement sur le bachotage des sciences fondamentales, mais sur la détection du "goût" pour exercer une profession qui réclame d’autres qualités que l’assimilation de centaines de pages de documentation. Tête bien faite plutôt que tête bien pleine, la critique n’est hélas ! pas nouvelle.

Le rapport Bach dont dérive directement la proposition de loi présentée par le Pr Domergue (Le Monde du 19 Novembre dernier) a pour but de mettre fin au gigantesque gâchis engendré par l’actuel concours, ce qui est louable. Il méconnaît cependant une perversion grave du système actuel qu’ il ne corrige pas : le contenu-même de l’ enseignement. C’ est bien sur ce contenu que se base la sélection drastique, aboutissant à la surreprésentation d’ étudiants brillants, mais monotones : bac S, mention TB ou B, jeunes, en majorité de sexe féminin, capables de supporter une et souvent deux années de bachottage intensif entre 18 et 20 ans sur un programme ne comportant quasiment que des sciences dites fondamentales.

Les pénuries actuelles et à venir en médecins de soin, particulièrement en médecine générale, et dans certaines spécialités (chirurgie, spécialités cliniques lourdes, psychiatrie) pourraient tenir au moins autant au caractère qualitatif de cette sursélection précoce, qu’ à la sévérité quantitative du numerus clausus lui-même. Pour en rajouter encore un peu, on dissuaderait dès la 1ère des lycéens en insistant sur « la longueur et la difficulté des études », une fausse affirmation : les études ne sont pas plus longues que celles des ingénieurs, on est salarié dès l’ internat ; seul le concours d’ entrée est un problème ; avec de bonnes ( ?) intentions, on dissuadera surtout les lycéens de milieu social plus bas, qui ne connaissent pas la réalité de la vie d’ un étudiant en médecine.

Il aurait été intéressant de comparer la carrière envisagée par les étudiants s’ inscrivant en PCEM 1 (médecine générale, médecine spécialisée, chirurgie, carrière académique, recherche, médecine administrative ?) selon leurs résultats au concours. Il aurait été instructif de savoir, dans les filières non-S du baccalauréat, combien de lycéens auraient été tentés par les études médicales s’ils avaient eu une chance quelconque d’ y être admis, et si oui, quelle aurait été leur orientation… toutes informations absentes du rapport Bach.

Quand on est un médecin praticien, on sait bien qu’il faut un caractère particulier, et des qualités physiques (endurance, adresse, esprit de décision, etc..) pour se colleter à certaines spécialités : la vie d’ un chirurgien, par exemple, jugée actuellement rébarbative par la grande majorité des étudiants reçus à l’internat, apporte en fait des satisfactions professionnelles extraordinaires pour ceux qui sont « faits pour cela » ; un concours basé sur des QCM portant sur la biologie moléculaire, la génétique, la physique la biophysique ou l’ histologie est-il le meilleur moyen de les repérer ? Les qualités intrinsèques de capacité d’écoute, de compassion, d’empathie, mais aussi de discussion, d’investigation, de raisonnement, le goût enfin, que certains peuvent trouver morbide, pour la maladie physique ou mentale, le besoin de réparer, ces qualités si importantes pour la médecine de soin, où sont-elles estimées par le « nouveau » concours ?

Une vraie propédeutique, nantie d’un programme intéressant faisant une large part aux bases de la clinique, un contact direct avec le malade (il vaut mieux révéler tôt l’incapacité à affronter la maladie et les malades que j’ai souvent observée chez des étudiants trop avancés pour revenir en arrière), bref un éveil au lieu d’une extinction, constituerait un vrai socle commun aux professions de soins, incluant les soins infirmiers, de nouveaux métiers d’ animateurs/éducateurs de santé, et les futurs cadres hospitaliers administratifs. Au terme, les étudiants non reçus au concours n’ auraient peut être pas plus de diplômes, ou de passerelles plus ou moins illusoires, mais au moins auraient goûté à la vraie médecine et éveillé leur esprit !




     
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2 Messages de forum

  • La lecture de cet article ajouté à celui de François Dagognet éclaire sur le vécu que nous avons des nouveaux praticiens. La part réservée aux sciences fondamentales ne sert qu’à un écrémage qui exclut d’office des personnes peut être moins calées en maths, biologie moléculaire ou physique, mais qui auraient fait d’excellents cliniciens de part leurs connaissances humaines, relationnelles et leur envie de pratiquer la médecine auprès du patient.

    Le pire est que cette évolution négative se ressent de plus en plus dans les différentes professions paramédicales également.

    A croire que l’on veut tout saborder

  • DES MEDECINS, SAGES FEMMES HUMAINS ! pas sûre... mais des cerveaux à stocker l’information, des " bons petits soldats médicaux" !A VOIR !!! Donnés à voir !

    Des enregistreurs sur mémoire ! La part d’humanité est mise de côté quand il s’agit d’appliquer des protocoles et de rentrer les données dans les cases ! Le patient qui devra être de plus en plus patient, de plus en plus AUTONOME (moins cher que de s’en occuper) devient un numéro et sa part de subjectivité dans sa santé est niée, effacée, exclue. Du coup le voilà lui EXCLU de partout ! Exclu de la famille s’il n’entre pas dans la norme, exclu de l’école si il tape du pieds, dressé et remis dans le droit chemin si il s’insurge contre l’évaluation uniforme, exclu du lien social si il ne s’adapte pas, exclu de l’école de médecine si il n’appartient pas à l’élite qui dès le plus jeune âge lui a inculqué les bases du SAVOIR !!

    Ah le SAVOIR ! AVOIR LE SAVOIR !! Mais le savoir n’est pas la vie ! Le discours universitaire ne donne pas accès à l’épanouissement, à la tolérance, au respect de l’autre. En fac de médecine c’est au plus fort la pouk si tu parviens à comprendre comment ça marche dans l’université surpeuplée et où l’amphi trop petit ne peu contenir les étudiants ! Arrivés à six heure du matIN à Rouen pour avoir une place assise, je rêve ! Une lutte sans merci pour une place, une réponse aux yeux des parents qui donne la "vocation" en héritage, dommage pour les autres ! Mais quand on lit sur les sites, l’état psychique des jeunes adolescents qui ont sacrifié deux années, qui pourtant aux prix d’efforts épuisants ont déçu leur parents en n’accédant pas à la suprême PCM1 dont la mère ou le père rêvait pour eux ! On mesure le désastre. Dépression, "je suis nul".. écrit l’ado rejeté comme miroir qui n’a pas tenu sa place pour donner à VOIR, il déçoit, il ne peut porter tous les espoirs déçus de la FAMILLE pesante et idéale, cela va parfois jusqu’à la tentative de suicide ...On mesure le désespoir qui ne sera pas régulé par le nouveau recrutement !!

    Les filles envieuse d’une Reconnaissance éternelle, réussissent au REGARD de l’autre, des luttes identitaires présentes depuis la nuit des temps. L’insupportable privation, et la soif d’avoir une place, d’être RECONNUE. Mais de reconnue elle n’en est pas pour autant femme ! Laissant toute sa part de fantaisie à une application quasi obsessionnelle des protocoles ! Perdant le charme de sa "folie féminine" pour un titre qu’elle peut se faire tatouer sur le front elle est LE MEDECIN ! Maintenant c’est pareil pour la sage femme, qui a raté médecine, finis les vocation et passion ! SI IL Y A QUE CA ! Et veut devenir CHERCHEUR, avec le LMD comme nos collègues anglaises qui publient beaucoup , flatteur non !

    Qui restera auprès des futurs parents pour moins cher, par "glissement de tâches". L’aide soignante ou l’ASH qui lâchera son balai pour tenir affectueusement la main d’une maman angoissée. Le personnel de terrain, celui qui se coltine la misère du monde a t-il besoin de savoir résoudre une équation à cinq inconnues pour faire preuve d’humanité ? L’outil qui côte l’activité, évalue surtout la PRODUCTIVITE, d’autant qu’avec le nouveau numéro IDENTIFIANT attribué avec "plaisir", nous a dit l’Ordre, à chaque professionnel fiché dans le répertoire partagé des professionnels de santé, RPPS, les comptes et les "sanctions" deviennent faciles. Notre NOUVELLE IDENTITE qui nous suivra tout au long de notre carrière nous dit :l’ORDRE SOUCIEUX D’ORDRE, saura t-elle nous identifier autrement qu’en quantité d’actes !!

    Je ne le pense pas, d’autant que le cadre EVALUATEUR, atteint de "réunnionite" du management, est absent des services, et bien en mal de savoir ce que chacun fait au lit du patient !

    Maintenant que sur le terrain le, la, les sages femmes disparaissent des salles de naissance derrière un ordinateur pour la saisie des données de la TAA, les femmes s’enfuient des maternités.

    Alerte, on se soigne avec la "Doula", On accouche n’importe où, la faiseuse d’anges va revenir et les médecines naturelles exercées en PARALLELE et sans diplôme parfois ont le vent en poupe ! Moins cher pour l’état, l’Europe l’a montré et la Refonte générale des politiques publiques RGPP refonde le PLFSS 2009 en se défaussant de sa tâche de protection de la santé publique sur le bénévolat et les associations SI FORMIDABLES ! Oui , les pratiques moins invasives, les médecines douces sont respectables et doivent faire l’objet de la formation des médecins aussi. Oui, la prise en charge autonome de la santé passe par une prise de conscience mais en respectant la singularité de chacun, en refusant les pratiques comportementales culpabilisantes et les dressages de rats qui n’ont, soit dit en passant pas grand chose d’humain !

    Maintenant l’état s’appuie sur l’Humanitaire pour l’humanité, sur les Usagers pour faire respecter les droits du patient, sur le volontariat pour soigner les handicaps, sur le Téléthon pour payer la recherche qui profiterait à tous. Il y en là, pourtant les emplois !

    Du coup les catastrophes réapparaissent, l’épidémie de Sida recommence, les préventions vaccinales et contraceptives ne sont plus assurées, les patients reculent à consulter en prévention, les soins coûtent aux classes moyennes, aux étudiants , aux retraités sans CMU, les cancers augmentent et coûtent encore plus ! Les généralistes comptables sont menacés si ils arrêtent un travailleur dépressif, mais les statistiques additionnent les morts dues aux maladies professionnelles et aux suicides pour harcèlement !!

    En périnatalité ON TROUVE les SAGES FEMMES LES "PSEUDO MEDICO" inconnus de la FPH qui les prend pour des PARAMEDICAUX, bref moins chères , (Mais les SF sont beaucoup moins chères c’est vrai, Bac +5 payées Bac+3, DYNAMIQUES, ABSENTEISME QUASI NUL, et en plus une enquête "de satisfaction" récente faîte pour étayer le truc, 93% des femmes HEUREUSES AVEC ELLES ET LES MATERNITES GEANTES !! ALORS, avec cette enquête, ON PEUT CONTINUER DE FERMER LES PETITES MATERNITES !!

    Donc elles ont une place de choix dans le futur plan Hôpital patient santé territoire, avec la disparition des gynéco médicaux très fâchés !! http:// ://www.ordre-sages-femmes.fr/actualites

    Donc elles seront là, exécutantes infatigables sauf dans les pôles décisionnaires où l’article de loi qui justifiaient leur présence par la cadre sage femme a disparu !! On sait jamais qu’elle mettrait leur nez et leur combativité à empêcher les managers de la nouvelle gouvernance de faire n’importe quoi. http://www.ansfc.com/ANSFC_minist_NOV_2008.pdf

    Irresponsables les décideurs non médicaux qui veulent méconnaitre les enjeux juridiques et médico légaux des économies ! La sage femme "mobile" doit rester CONSTAMMENT AUPRES DE LA PATIENTE DIRA LE JUGE D’INSTRUCTION, le REEL EST AUTRE ! Elle court (trois SF pour huit salles !)d’un boxe à l’autre, se déplace, ramène une patiente dans sa chambre,et PRIONS qu’il ne se passe rien ! Et oui , on en vient aux prières, même athée, elle invoque les bonnes fées pour la protéger des plaintes et des inconséquences des gestionnaires de production ! Il y a toujours de la perte dans les usines à profits, mais pour nous elle est HUMAINE ! Les usagers et les professionnels s’en remettent mal ! 5 000 000 d’euros c’est le prix d’une souffrance Foetale chiffrée AXA !!!, Alors qu’un poste de sage femme en plus, évite des traumatismes , des dépressions , des prises en charge tardives, des DEPENSES SECONDAIRES COLOSSALES NON EVALUEES !

    L’Hôpital entreprise va faire encore beaucoup de dégâts, mais il faut fabriquer des "petits soldats médico" qui feront le travail comme il faut !! Ils chiffreront tout, ils seront d’accord pour saisir dans le DMP, les données privées : l’indice de masse corporelle, le nombre de cigarettes et les pratiques sexuelles dangereuses afin de REEDUQUER les déviants, de faire entrer les enfants dans le droit chemin si ils s’agitent : Ritaline et labo pharmaceutique obligent !!!

    Quid du médecin de campagne, quid du confident qui reçoit les peurs et les doutes ! Quid de cette formidable médecine du respect , de la famille connue avec ses secrets, ses joies et ses deuils ! Allez sur le blog de Docteurcoq, trop génial ces médecins ! Quid de la sage femme qui patiente et accompagne de façon globale le couple et la naissance dans les maternités de proximité, si humaines !!

    La résistance est en marche et la coordination nationale réunit usagers et professionnels pour faire connaître la colère qui monte en France. Nous voulons une médecine de qualité et de proximité, qui s’exerce avec du PERSONNEL ! La nouvelle donnée variable des plans de Retour à l’équilibre des Hôpitaux est l’emploi et ravale toute perception du SOINS DU PATIENT, en séparant ACTE ET HUMAIN.

    Nous avons des métiers extraordinaires, mais ce que les SENIORS doivent transmettre aux juniors, si l’état sourd ne peut l’entendre ; c’est que chaque patient est une spécificité qui n’entrera jamais dans les cases ! ET qu’il y a le réel en médecine, ce qui surgit, survient, s’érige, comme surprise et que c’est précisément cet art qui s’apprend ensemble et pas dans les livres mais dans des rencontres humaines , faîtes de différences et de multiculturalisme.

    Ainsi ne pas faire disparaître les sciences humaines à l’école où l’éthique et la philosophie doivent être données à tous les citoyens, cela pourrait faire émerger des vrais vocations pour faire des métiers où on PRENDRA SOINS de l’autre , plutôt que de devenir les instruments de la MALTRAITANCE INSTITUTIONNELLE.

    cordialement, entrée en résistance ! Martine titinesf

    Voir en ligne : reel

 
     
   
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